Politique
Prétendue démission du Premier Ministre: Lessentiel et le dérisoire

Il n'en demeure pas moins que la publication par le journal «LÉpervier» d'une allégation suffisamment grave, bien que non fondée sur des faits vérifiés, était de nature à provoquer le même effet feu de brousse ravageur que toute rumeur déclenche.

Arrivé en visite officielle à Bertoua, chef-lieu de la région de l'Est, mercredi 22 août dernier, le Premier ministre, chef du gouvernement, Philémon Yang a procédé le lendemain, au nom du chef de l'Etat, à l'inauguration de la route Ayos-Bonis. A l'issue de cette importante cérémonie, le Premier ministre a regagné la capitale, pour continuer à vaquer à ses prenantes occupations à l'immeuble-Etoile. Sauf que la sérénité qui sied à l'exercice des hautes fonctions du chef du gouvernement se trouve gravement perturbée. Et pour cause. Le journal «L'Epervier», dans sa livraison du mercredi 22 août 2012, jour même de l'arrivée du Premier ministre dans la capitale régionale de l'Est, a titré avec fracas: «Philémon Yang donne sa démission à Paul Biya». Une annonce qui ne pouvait que résonner comme un coup de tonnerre en cette saison sans pluie que connaît la capitale.
Sous le titre accrocheur manifestement guidé par la recherche du sensationnel, une annonce au conditionnel: «Le Premier ministre aurait envoyé sa lettre de démission au président de la République le mois dernier». Dans l'allégation ainsi formulée, l'esprit le moins exigeant aurait le plus grand mal à discerner la moindre information. Il est loisible, à plus forte raison, d'observer que notre confrère a, sciemment ou non, fait fi de l'exigence d'exactitude, principe de base du journalisme. Dans les milieux de la presse, pour autant que tous les acteurs mettent un point d'honneur à s'astreindre à un minimum de rigueur professionnelle, il est communément admis que les faits sont sacrés. Il s'ensuit que l'utilisation du conditionnel dans la relation d'un fait équivaut à sa négation.
Il n'en demeure pas moins que la publication par le journal «L'Epervier» d'une allégation suffisamment grave, bien que non fondée sur des faits vérifiés, était de nature à provoquer le même effet feu de brousse ravageur que toute rumeur déclenche. Que le Premier ministre, chef du gouvernement, à travers le communiqué de son directeur de Cabinet publié dans nos-colonnes hier, ait dû apporter un démenti catégorique, est hautement significatif des dommages incalculables au sein de l'opinion nationale et internationale que peuvent induire des affirmations à la limite gratuites publiées la légère dans les médias.
Or il importe à notre pays, ici et maintenant, de se préoccuper davantage de ce qui est essentiel que de ce qui est dérisoire. C'est, en tout état de cause, le sens qu'il convient de donner au démenti du Premier ministre, qu'il a du reste conclu en exhortant «les Camerounais et les Camerounaises à rester concentrés sur la politique des Grandes Réalisations lancée par le président de la République et mise en uvre par le gouvernement».
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